La crypte est un site archéologique témoignant de l’ancienne église médiévale mais aussi des origines antiques de la ville.

La crypte est un site archéologique témoignant de l'ancienne église médiévale mais aussi des origines antiques de la ville.

Boulogne-sur-Mer est en effet une des plus importantes villes antiques du nord de la Gaule. Située face à l'île de Bretagne (Grande-Bretagne), elle est, dès le règne d'Auguste (27 av. j.-c. – 14 ap. j.-c.), desservie par d'importantes voies de communication, dont la Voie de l'Océan (vers Rome), et celle assurant la liaison avec Cologne et la frontière rhénane.

Avec la conquête de l'île par l'empereur Claude (41 – 54 ap. j.-c.), en 43 de notre ère, et la création d'une flotte militaire permanente, la Classis Britannica, Boulogne devient, pour cinq siècles, le port officiel d'embarquement à destination de la Bretagne, bureau de douane et station du cursus publicus (poste impériale), assurant le contrôle militaire et commercial du détroit du Pas-de-Calais.

Le projet de mise en valeur de la crypte a nécessité, en 2012, la réalisation d'une fouille archéologique préventive dans le secteur occidental menée par l'inrap.

Un bâtiment public

Dans la nef, les premières constructions en dur sont datées du milieu ou de la seconde moitié du 1er siècle de notre ère. Dès cette époque, l'espace urbain se structure selon un «quadrillage» très régulier et l'hypothèse de l'existence d'un camp romain précoce, contemporain de la conquête de la Bretagne par Claude, se trouve confortée.

Buste romain

La voirie

Au sud-ouest, une portion de voirie a été dégagée. La qualité de la construction et sa permanence en font une voie structurante du camp, peut-être la via Quintana. Dans le collatéral sud, les fondations d'un grand bâtiment public du Bas Empire et son dallage extérieur étaient bien conservés. Avec des murs larges de 2 mètres à la base, c'est un des rares témoignages d'architecture monumentale de la fin de l'Antiquité à Boulogne. Sa fonction est, pour l'instant, difficile à interpréter.

Ce bâtiment avait déjà été révélé par les premières fouilles menées par le prêtre et historien Daniel Haigneré en 1851 lors de l'aménagement de la crypte. Mesurant 20 mètres de long sur 10 mètres de large, la construction fut alors interprétée comme un temple romain, d'autant que parmi les décombres, était également trouvé le fragment d'un buste en habit militaire assimilé au dieu Mars, mais ces hypothèses ne tiennent plus aujourd'hui.

Les vestiges des anciennes casernes romaines

Dans les années 1970, des fouilles réalisées sur l'Enclos de l'évêché ont permis de comprendre que le secteur nord-ouest de la ville fortifiée est occupé par les casernements du camp antique de la Classis Britannica. C'est probablement la section d'une de ces casernes, édifiée au cours du règne de Trajan (98-117 de notre ère), qui a été mise au jour dans la salle nord de la crypte. Ces bâtiments, aux murs de torchis sur soubassement de moellons, mesuraient près de 50 mètres de long. Ils comportaient un logement d'officier de plusieurs pièces et dix chambrées de soldats, les contubernia, ouvrant sur une galerie de façade.

 

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